Le Yuan Qi Tao, la Voie du Souffle Primordial.
J'ai débuté les arts martiaux quand j'avais 12 ans en commençant par le Karaté Wad Ryu.
Très tôt attiré par la recherche "intérieure" et spirituelle, je me suis rapidement intérogé sur la pratique des arts martiaux.
A l'âge de 14 ans, je lisais et relisais le Tao Te King de Lao Tseu ainsi que des livres de Taisen Déschimaru. L'introspection et la méditation sont rapidement devenu des moments journalier incontournable de ma vie d'adolescent.
Je soupçonnais que la pratique des arts martiaux allait de père avec la pratique de la méditation voire avec un certain cheminement spirituel. Je ne comprenais pas pourquoi, la méditation était absente des cours de Karaté.Ou pourquoi ls grands maîtres e karaté parlaient de "Ki" ( Chi, prana ), c'est à dire d'energie interne alors que 'en France nous n'entions parler que de points et de victoires.
Je me demandais comment continuer à pratiquer jusqu'à un âge tres avancé un art martial tourné vers la discipline sportive et qui mettait le corps à rude épreuve. On ne compte plus les "grands champions" bléssés, et ésquintés, galvanisés de trophés mais ne se levant pas chaque matin sans une articulation douloureuse.
Je me demandais comment concilier une voie spirituelle et avec un arts où l'on frappe son prochain et où on construit sa renommée sur les défaites des autres.
Notre monde est une collection d'apparentes "victoires" construites sur les réelles défaites de nos prochains. Et avec ça nous reprochons aux grandes multinationales de bâtir leurs empires sur la tête de chacun de nous. En donnant des coups de pieds et des coups de poings je m'illusionnais sur "ma grandeur" éffémaire qui ne dépendait que de l'experience plus "faible" de celui qui encaissait.
Et pourtant, j'ai toujours su que l'art martial pouvait être un vrai chemin intérieur. Des textes anciens l'attestaient sans qu'on ne trouve dans les salles de sport un seul enseignant capable de transmettre un savoir aussi ancien, qu'immuable, naturel et porteur de sens.
Par la suite, au travers ma pratique du Kung Fu, j'ai rencontré homme qui d'une seule parole à conquis mon enthousiasme. L'entendre répondre "fais ce que tu sens" à un élève qui demandait comment parait une technique de son adverssaire m'ouvrait une fenêtre intérieure. Celle du "senti"...
Au coté de ce "guide", j'ai appris à écouter mon corps et à réagir à une attaque en fonction de mon "senti" et non plus sur la base de mouvements stéréotypés enseignés à renfort de répétitions et d'aller retour incéssants. Je gagnais en fluidité et en confiance. Je devenais mon propre maître gidé par un homme de sciences martiales et humaines. La nature devenait mon temple.
Ma rencontre avec Serge Mairet représente un pas de plus dans cette recherche intérieure.
Serge Mairet, vue de "l'exterieure" ne ressemble en rien à un artiste martial charismatique à la musculature de taureau ayant la souplesse d'un chat.
Il le dit lui même : "je n'ai aucun mérite". Son érudition dans le domaine des arts internes il la doit à ses rencontres extraordinaires dues à son métier de traducteur. Ayant traduit de grands classiques chinois comme le Tao Te King que je lisais dans ma quatorzième années, tout en pratiquant avec de véritables ( et tres discrets ) maîtres taoïstes, il se trouvait à la source du Qi Qong à la fois par les rencontres et par la lettre. Il n'a fait que pratiquer et appliquer.
Son enseignement surprend de prime abord. On ne joutte pas, on ne combat pas, on se met même pas en situation face à un attaquant... Non, on reste debout tel un rozeau et on voyage en esprit (Yi) pour forger un corps aussi agile qu'élastique, capable de répondre avec douceur et force sans haine ni esprit de combat. Son art et son enseignement appuyé par une pédagogie de pointe ressemble à un croisement entre ceux de Maître Ueshiba, ceux des maîtres Taoïstes et le savoir chamanique ancestral.
Et pourtant..., l'air de "rien", ce monsieur de presque 25 ans de plus que moi qui ne fait ni combats, ni pompes, ni flexions ou abdominaux, contrairement à moi, à réussis à dévier une de mes attaque sans que je ne rende compte de ses mouvements, et à rester immobile sans bouger d'un milimètre alors que j'essayais de le pousser quand il faisait une posture de Qi Qong.
Son enseignement contient des "secrets" de l'alchimie taoïste qu'il met à la porté de ceux qui se laissent traverser avec sincérité par la "voie", le Tao en se laissant emmener avec simplicité dans sa poésie de l'art.
